Le TDAH autrement : du chaos au plein potentiel
- Yanik Tereso
- Oct 17, 2025
- 5 min read
Updated: Oct 18, 2025

Et si le TDAH n’était pas un désordre, mais une autre façon d’être attentif au monde ?
Depuis toujours, certaines personnes vivent avec un rythme intérieur différent. Leur esprit bondit d’une idée à l’autre, leur corps déborde d’énergie, leur cœur ressent tout à vif. Dans un monde calibré pour la concentration linéaire, ce rythme est souvent perçu comme un “trouble”.
Pourtant, derrière le sigle TDAH — trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité — se cache un profil neurodéveloppemental riche, empreint de curiosité, d’intensité et d’intuition.

Chez Bien+Veillance, nous croyons que comprendre le TDAH autrement, c’est remettre en lumière le potentiel derrière le mouvement. Il ne s’agit pas de calmer à tout prix, mais d’aider la personne à diriger son énergie plutôt que de la subir.
«Le TDAH, ce n’est pas un manque d’attention. C’est une attention différente, attirée par ce qui fait sens.»
Comprendre le cerveau TDAH:Une attention en mouvement constant

Le TDAH n’est pas un simple problème de comportement.C’est une différence dans la régulation neurologique de l’attention, des émotions et de la motivation.
Sur le plan cérébral, les zones impliquées dans la planification, la mémoire de travail et la gestion de l’impulsion fonctionnent autrement.La dopamine — ce neurotransmetteur clé de la motivation — est moins stable, ce qui rend le cerveau TDAH plus sensible à la stimulation immédiate et moins motivé par les tâches à long terme.
Cela explique pourquoi une personne TDAH peut :
être incapable de se concentrer sur une tâche jugée “ennuyeuse”,
mais hyperfocusser des heures sur une passion, un projet ou un jeu,
ou encore passer du rire à la colère en quelques secondes.
«Le cerveau TDAH n’est pas en déficit d’attention : il la distribue autrement.»
Les défis invisibles : fatigue, culpabilité et rejet
Vivre avec un TDAH, c’est souvent être incompris.
L’entourage interprète les comportements à travers le prisme de la volonté ou de la discipline :
«Tu pourrais te concentrer si tu voulais.»
«Tu n’écoutes jamais jusqu’au bout.»
«Tu passes ton temps à bouger.»
Ces remarques, répétées depuis l’enfance, créent une fatigue émotionnelle profonde. La personne TDAH finit souvent par se percevoir comme «trop», «pas assez», «épuisante», «inefficace».
Les effets psychosociaux sont majeurs :
• baisse de l’estime de soi
• anxiété de performance
• isolement social
• risque accru d’épuisement ou de dépression
«L’accompagnement psychosocial joue ici un rôle essentiel : reconstruire une image de soi positive, basée sur les forces, les besoins et les rythmes propres à la personne.»
Réguler avant d’exiger
Avant de parler d’organisation ou de productivité, nous aidons la personne à retrouver un état de calme physiologique. Le TDAH est avant tout un déséquilibre de la régulation — émotionnelle, motrice, attentionnelle.
Nos trois piliers d’intervention :
1- Réguler le système nerveux |
Aider à revenir dans la “zone verte” (polyvagale) : celle où le cerveau peut apprendre, réfléchir, écouter. |
Techniques : • respiration ballon, • cohérence cardiaque, • pauses sensorielles (odeur, texture, mouvement). |
2- Structurer le cadre externe |
Créer un environnement visuel, stable et flexible à la fois. |
Outils : • routines illustrées, • tableau de progression, • plan de tâches découpées. |
3- Renforcer la confiance |
Chaque réussite, aussi minime soit-elle, devient un ancrage. |
Principe : La validation remplace la correction La progression remplace la perfection. |
Intervenir concrètement : stratégies psychosociales et outils visuels
L’efficacité vient de la simplicité et de la cohérence.
Voici quelques outils privilégiés dans nos accompagnements :
1. Le plan visuel de la journée
Les tâches sont découpées en blocs clairs : “Je commence – Je fais – J’ai terminé”.Chaque étape réussie est validée par une action visible (collant, jeton, couleur). Résultat : moins de charge mentale, plus de satisfaction immédiate.
2. La routine 3-temps
Préparation – On annonce ce qui s’en vient.
Action – On s’implique dans l’activité.
Retour au calme – On clôture pour passer à autre chose.
Cette structure crée un cycle sécurisant et prévisible..
3. Techniques d’ancrage sensoriel
Toucher une balle anti-stress ou un galet chaud,
Écouter un son répétitif doux,
Respirer dans un rythme 4-6 (inspiration 4s, expiration 6s).
Ces gestes ramènent le système nerveux vers la sécurité.
4. La médiation animale
Les séances assistées avec chien ou d’autres animaux aident à canaliser l’énergie et à réduire la tension. L’animal agit comme un miroir de l’état intérieur : il invite à ralentir, respirer, se connecter.
5. Visualisation et créativité
Le dessin, la musique, la narration ou la manipulation sont des portes d’accès à la concentration. L’objectif n’est pas de “rester tranquille”, mais d’exprimer autrement ce qui bouge à l’intérieur.
Études de cas
Cas 1 – Retrouver l’équilibre dans le mouvement |
Contexte : : Léo, 16 ans, diagnostiqué TDAH, en décrochage scolaire. Il se sent nul, impulsif, et fatigué d’être “le problème”. |
Intervention : 1er temps : accueil du vécu émotionnel et identification des déclencheurs. 2e temps : introduction d’un plan visuel avec des objectifs simples. 3e temps : intégration de pauses sensorielles |
Résultats : En 8 semaines, Léo retrouve une routine de vie stable, dort mieux, et exprime davantage de fierté personnelle. |
Outils pratiques Bien+Veillance à intégrer
Routine personnalisée visuelle
Cette routine aide la personne à se repérer dans sa journée grâce à des images simples et rassurantes. Chaque étape est représentée visuellement, ce qui favorise l’autonomie et diminue le stress lié à l’imprévu.
Cartes de forces et d’intérêts
Ces cartes encouragent la reconnaissance de soi et le dialogue positif. En intervention, elles servent à valoriser, motiver et co-construire des objectifs à partir de ce qui fait vibrer la personne.
Fiche «Pause sensorielle» à coller dans la classe ou au bureau
Placée dans un lieu clé , cette fiche rappelle des stratégies concrètes pour se recentrer. Elle invite à écouter les signaux du corps et à normaliser le besoin de pause, favorisant la régulation du stress au quotidien.
Rencontre de médiation animale ciblée sur la régulation émotionnelle
Lors de cette rencontre, la présence calme et non jugeante de l’animal devient un pont vers l’apaisement. L’animal agit comme miroir du ressenti, facilitant la détente du système nerveux et la connexion à soi.
Journal «une chose que j’ai réussie aujourd’hui»
Un outil de reconnaissance de soi tout en douceur. Chaque jour, la personne note une réussite, un progrès ou un moment positif, aussi petit soit-il. Cette pratique développe la gratitude et renforce l’estime de soi.
Du chaos à la créativité : l’équilibre est possible

Le TDAH n’est pas un échec de la volonté.C’est un appel à penser et à accompagner différemment.
Loin d’être un désordre, c’est souvent une forme d’intelligence vive et sensible, qui demande des repères clairs, un environnement adapté et une présence bienveillante.
Chez Bien+Veillance, nous croyons que l’intervention psychosociale peut transformer la perception du TDAH : d’un diagnostic limitant vers une force à apprivoiser.

























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