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Les troubles d’apprentissage: des émotions cachées

  • Writer: Yanik Tereso
    Yanik Tereso
  • Oct 19, 2025
  • 4 min read

Updated: Oct 25, 2025

Derrière chaque note scolaire, une émotion

Un enfant qui échoue n’a pas seulement des difficultés à lire, écrire ou calculer.Il vit aussi un choc émotionnel répété, une remise en question de sa valeur et de sa place dans le groupe.


Chaque erreur devient un rappel douloureux de sa différence.Et derrière cette lutte scolaire, il y a souvent une bataille intérieure silencieuse : peur du jugement, honte, anxiété de performance.


Chez Bien+Veillance, nous croyons que la réussite scolaire passe d’abord par la réparation émotionnelle. Apprendre à apaiser le cœur permet au cerveau d’apprendre à nouveau.

«On ne peut pas apprendre quand on se sent en danger.» – Sonia Lupien

Comprendre les troubles d’apprentissage

Les troubles d’apprentissage (ou troubles spécifiques des apprentissages) regroupent la dyslexie, la dysorthographie, la dyscalculie, ainsi que certaines difficultés mixtes.Ce sont des troubles neurodéveloppementaux affectant les processus de traitement de l’information : lecture, écriture, mémoire, planification.


Ces jeunes ont une intelligence normale, mais leur cerveau traite les informations autrement.Le problème n’est donc pas un manque d’effort, mais un mismatch entre la manière d’enseigner et la manière d’apprendre.


Les manifestations fréquentes :


·       lenteur d’exécution ;

·       erreurs d’attention ou de mémoire ;

·       difficultés à suivre les consignes ;

·       surcharge cognitive rapide ;

·       évitement des tâches scolaires.


Derrière ces comportements, il y a souvent une grande fatigue émotionnelle et un sentiment d’incompétence.


«Le trouble d’apprentissage n’enlève pas l’intelligence ; il épuise la confiance.»

Les blessures invisibles: stress, honte et découragement

Les enfants et adolescents vivant avec un trouble d’apprentissage sont souvent en mode survie émotionnelle à l’école.Chaque journée leur rappelle qu’ils doivent «fournir plus” pour obtenir «moins».

Impacts psychosociaux:

·       Stress chronique face aux évaluations ;

·       Anxiété de performance (“et si je me trompe encore ?”) ;

·       Estime de soi fragilisée ;

·       Isolement ou comportements d’opposition (masques de protection).


Le regard des autres : professeurs, camarades, parfois même parents, devient un miroir de leurs échecs. Progressivement, l’enfant cesse d’essayer : non par paresse, mais pour éviter la douleur d’échouer à nouveau.

Notre approche : rétablir la sécurité émotionnelle

«Avant d’intervenir sur les apprentissages, nous intervenons sur le climat émotionnel intérieur


Notre démarche suit trois axes principaux

1- Rétablir la sécurité

L’enfant doit d’abord sentir qu’il peut se tromper sans se sentir menacé.

Cela passe par :

·       un ton de voix calme et constant,

·       des attentes claires,

·       des renforcements positifs fréquents,

·       et la permission de prendre son temps.

2- Nommer les émotions

On apprend à identifier et réguler : «je suis frustré», «je suis fatigué», «j’ai peur de me tromper».

Nommer, c’est reprendre le contrôle.


3- Revaloriser les forces

Chaque personne a des zones de brillance : créativité, logique, imagination, sens artistique.

Les mettre en lumière restaure la motivation et le plaisir d’apprendre.

«L’apprentissage est une aventure émotionnelle avant d’être intellectuelle.»

Outils concrets d’intervention

L’efficacité vient de la simplicité et de la cohérence.

Voici quelques outils privilégiés dans nos accompagnements :


1. Le thermomètre des émotions

Un visuel simple où l’enfant identifie son niveau de stress :🟢 calme – 🟡 tendu – 🔴 débordé.→ Permet d’intervenir avant la crise.

2. La roue des forces

L’enfant identifie ses réussites : “je suis persévérant”, “je suis drôle”, “je suis curieux”.→ Renforce le sentiment de compétence et d’identité positive.

3. Le journal «Succès du jour»

Chaque jour, une petite victoire est notée :

“Aujourd’hui, j’ai lu une phrase sans m’arrêter.”Cet exercice ancre la progression dans la conscience.

4. Les outils visuels et sensoriels

Pictogrammes, couleur des tâches, surligneurs, chronomètre doux :→ Rendent concret ce qui est abstrait et prévisible ce qui est flou.

5. Médiation animale et art-thérapie

L’animal apaise, encourage et redonne le goût d’essayer.Un chien qui écoute sans juger ou une activité artistique permettent de ramener l’enfant dans le plaisir d’agir.

3 façons de soutenir sans décourager

À éviter

Alternative

«Tu ne fais pas assez d’effort.»

«Je vois que tu mets beaucoup d’énergie. On va trouver une autre façon d’y arriver.»

«Tu dois apprendre comme les autres.»

«Chacun apprend à sa manière ; on va découvrir la tienne.»

«Arrête de te décourager.»

«C’est normal d’être fatigué, tu fais de ton mieux.»

«Changer une phrase, c’est changer un regard.»

Études de cas 

Cas 1 – Réapprendre à se faire confiance

Contexte : :

Léa, 12 ans, dyslexique, évite la lecture à voix haute et pleure à chaque évaluation.

Elle dit : “Je suis nulle, tout le monde lit plus vite que moi.”

Intervention :

·       rencontre psychoéducative pour expliquer son trouble et normaliser ses émotions ;

·       mise en place d’un plan de lecture flexible avec pauses et repères visuels ;

·       journal de réussites avec rétroactions positives hebdomadaires.

Résultats :

Après 8 semaines, Léa lit devant le groupe avec confiance.Elle a dit à sa prof :

“Je lis plus lentement, mais je comprends mieux que personne.”

L’émotion comme clé de la réussite

Les troubles d’apprentissage ne limitent pas la réussite ; ils demandent simplement des conditions d’apprentissage ajustées à la réalité humaine.Derrière chaque élève en difficulté se cache un cœur sensible qui veut bien faire.


Chez Bien+Veillance, nous croyons que l’émotion est la passerelle entre la confiance et la connaissance.Apprendre à apaiser avant d’exiger, à écouter avant de corriger, c’est ce qui transforme une difficulté en tremplin.

«Quand on soigne la blessure invisible, la curiosité revient et l’apprentissage reprend sa place.»


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