Le trouble du language : quand les mots peinent à venir
- Yanik Tereso
- Oct 18, 2025
- 3 min read
Updated: Oct 25, 2025

Parler n’est pas toujours synonyme de communiquer
Certains enfants ont mille choses à dire… mais les mots se perdent en route. Le Trouble Développemental du Langage (TDL) touche environ 7 % des enfants, mais il reste encore trop souvent mal compris. Ces jeunes veulent s’exprimer, partager, participer — mais leur cerveau traite le langage différemment.
Chez Bien+Veillance, nous croyons qu’un enfant avec un TDL n’a pas un déficit de parole : il a un autre chemin pour communiquer. Notre rôle n’est pas seulement d’enseigner des mots, mais de créer un espace où la communication reste possible même sans eux.

«Quand les mots trébuchent, le regard, le geste et la bienveillance deviennent le langage.»
Comprendre le TDL: Une réalité invisible mais bien réelle

Le TDL est un trouble neurodéveloppemental durable qui affecte la compréhension ou l’expression du langage oral. Il ne découle ni d’un manque d’intelligence, ni d’un trouble sensoriel ou d’une mauvaise éducation. C’est une différence dans le traitement cérébral du langage.
Les enfants vivant avec un TDL peuvent :
· Chercher leurs mots,
· Utiliser des phrases simples ou désorganisées,
· Avoir du mal à suivre les consignes verbales,
· Éviter de parler par peur d’échouer.
«Les mots sont comme des bulles — certains montent facilement, d’autres restent coincés sous la surface.»
Les impacts psychosociaux du TDL
Au-delà du langage, le TDL affecte l’identité, l’estime et la confiance.L’enfant vit une double contrainte : il comprend souvent plus qu’on ne le croit, mais il n’arrive pas à se faire comprendre.
Conséquences fréquentes :
· sentiment d’injustice ou de honte,
· isolement social,
· comportements d’évitement ou d’opposition,
· suradaptation (rire, se taire, s’effacer pour ne pas échouer).
Ces réactions ne sont pas des problèmes de comportement, elles sont l’expression d’une fatigue de communication.
«C’est ici que l’intervention psychosociale joue un rôle clé : redonner un espace sécuritaire pour exister autrement que par les mots.»
Notre approche repose sur trois principes :
1- Observer avant de corriger |
Avant de vouloir “améliorer le langage”, on s’attarde à comprendre la façon de communiquer déjà présente. |
Le regard, le geste, le ton, les mimiques : tout est message. |
2- Offrir plusieurs canaux de communication |
Le langage verbal n’est qu’un outil parmi d’autres. |
Nous intégrons à notre intervention, les supports visuels, les pictogrammes et les gestes. Cela réduit la charge cognitive et la détresse liée à la parole. |
3- Valider plutôt que corriger |
Chaque tentative de communication est une victoire. |
Au lieu de dire : «Non, ce n’est pas comme ça qu’on dit.» on privilégie : «Oui, je t’ai compris, tu veux dire que…» Cette validation nourrit la confiance et relance le désir de communiquer. |
Outils concrets d’intervention
L’efficacité vient de la simplicité et de la cohérence.
Voici quelques outils privilégiés dans nos accompagnements :
1. Les pictogrammes et supports visuels
· Séquences illustrées de la routine quotidienne,
· Cartes “je veux / j’aime / j’ai besoin de…”,
· Images des émotions
Pourquoi ça fonctionne : le cerveau TDL comprend mieux l’image que le mot.
2. Les jeux de rôle visuel
Jeux de cartes ou de marionnettes où les personnages vivent des émotions, font des demandes, réparent des conflits.→ Permet de pratiquer la communication dans un cadre ludique et sans jugement.
3. Médiation animale
L’animal devient un partenaire de communication. Le jeune parle “à travers lui” (“le chien veut sortir”, “il est triste”), ce qui décentre la pression verbale et favorise l’expression émotionnelle.
4. Expression artistique
Le dessin, la musique, le mouvement corporel sont des langages alternatifs puissants. Ils permettent de raconter sans mots ce que le langage empêche parfois de dire.
Études de cas
Cas 1 – Redonner voix à ce qui est tu |
Contexte : : Émilie, 7 ans, TDL sévère, évite de parler à l’école. Elle rougit, baisse la tête, et pleure lorsqu’on la questionne. |
Intervention : 1 mise en place d’un système visuel “je veux / je n’aime pas / j’ai besoin”, 2 médiation avec le chien et jeux symboliques, 3 valorisation systématique de chaque expression non verbale. |
Résultats : En 3 mois, Émilie a retrouvé le plaisir d’interagir. Elle parle à son rythme, avec fierté, et sourit lorsqu’elle utilise ses cartes d’émotions. |
Donner voix à la différence

Accompagner un enfant vivant avec un TDL, c’est lui redonner le droit d’être compris même sans mots.
C’est reconnaître que communiquer, ce n’est pas seulement parler : c’est se relier à l’autre.
Chez Bien+Veillance, nous croyons que la communication bienveillante transforme le regard porté sur le langage.Chaque interaction devient une invitation à écouter autrement.













Comments