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Le trouble du spectre de l'autisme au-delà du diagnostic : comprendre pour mieux intervenir

  • Writer: Yanik Tereso
    Yanik Tereso
  • Oct 19, 2025
  • 4 min read

Updated: Oct 25, 2025

Au-delà des étiquettes, une rencontre humaine

Derrière chaque diagnostic d’autisme, il y a une personne avec ses forces, ses passions, ses façons uniques de penser et de ressentir.Trop souvent, le trouble du spectre de l’autisme (TSA) est perçu à travers ses “symptômes”, ses “manques” ou ses “comportements problématiques”.Pourtant, l’autisme est avant tout une autre façon d’être au monde — un mode d’expérience sensorielle, cognitive et émotionnelle différent, mais tout aussi légitime.


Chez Bien+Veillance, nous croyons qu’intervenir auprès d’une personne autiste, c’est comprendre son langage avant d’exiger qu’elle parle le nôtre.



«L’inclusion véritable commence quand on respecte la différence dans ses formes d’expression.»

Comprendre le TSA autrement

Le trouble du spectre de l’autisme (TSA) est un trouble neurodéveloppemental caractérisé par des différences dans la communication, les interactions sociales et le traitement sensoriel.

Mais au-delà des critères diagnostiques, ce qui définit le TSA, c’est une façon singulière de percevoir, d’organiser et de donner sens au monde.


Trois grandes caractéristiques :


1- Une perception sensorielle amplifiée ou filtrée différemment

Sons, lumières, textures, mouvements peuvent être vécus de façon intense ou floue.


2- Un besoin de prévisibilité et de structure

Le cerveau autiste cherche à comprendre un environnement souvent perçu comme chaotique.


3- Une communication parfois atypique mais profondément authentique

Le regard, les gestes ou les silences portent souvent plus de sens que les mots.

«L’autisme n’est pas un mur, c’est une fenêtre qu’il faut apprendre à ouvrir autrement.»

Les mythes à déconstruire

«Les personnes TSA manquent d’empathie.»

Elles ressentent souvent les émotions de façon si intense qu’elles ont du mal à les réguler ou à les exprimer.

«Elles ne veulent pas socialiser.»

Elles veulent, mais différemment : avec clarté, authenticité et respect du rythme.

«Elles doivent apprendre à s’adapter.»

C’est l’environnement qui doit aussi s’ajuster : la responsabilité de l’inclusion est partagée.

Notre approche: comprendre avant de corriger

Intervenir avec bienveillance auprès d’une personne TSA, c’est observer, écouter, adapter avant d’interpréter.


Notre approche repose sur trois axes principaux :

1- Sécuriser l’environnement

Créer un cadre prévisible, stable et sensoriellement apaisant.

  • Réduire les bruits et lumières fortes,

  • Utiliser des repères visuels,

  • Structurer les routines et transitions.

2- Comprendre le sens du comportement

Chaque comportement est une forme de communication.

Une crise, un retrait, une répétition de gestes sont souvent des réponses à un trop-plein sensoriel ou émotionnel. L’intervenant devient traducteur du sens caché plutôt que correcteur du comportement.

3- Co-réguler avant d’éduquer

Avant de «raisonner», on apaise.

Avant de «demander», on se connecte.

Techniques utilisées :

  • respiration guidée,

  • stimulation proprioceptive douce (mouvement, pression, respiration lente),

  • ancrage sensoriel.

«Apaiser, c’est déjà intervenir.»

Outils concrets d’intervention

L’efficacité vient de la simplicité et de la cohérence.


Voici quelques outils privilégiés dans nos accompagnements :


1. Les supports visuels et séquentiels

Horaires illustrés, pictogrammes, transitions en images → ces repères rendent le temps visible et diminuent l’anxiété.

2. L’expression par l’art ou le jeu sensoriel

Manipuler, dessiner, construire permet d’exprimer sans devoir verbaliser.Un jeune qui ne peut pas dire “je suis fâché” peut le peindre, le modeler, ou le bouger.

3. Médiation animale

L’animal agit comme un pont relationnel.Il n’exige pas, ne juge pas, et communique dans le langage du corps.La présence de ton Poméranien Wolf aide à établir la sécurité affective nécessaire à la relation.

4. Les pauses sensorielles

Créer un espace calme, avec objets d’ancrage (balle sensorielle, couverture lestée, lampe douce).Ces pauses préservent la régulation et évitent les crises avant qu’elles n’émergent.

5. Les scripts sociaux et histoires visuelles

Ces outils aident à préparer les transitions :“Ce matin, nous irons à l’école. Ensuite, nous jouerons dehors.”→ Anticiper, c’est sécuriser.

5 principes pour une relation bienveillante avec une personne TSA

Attitude habituelle

Posture Bien+Veillance

«Regarde-moi quand je te parle.»

«Tu peux m’écouter sans me regarder, c’est correct.»

«Arrête de faire ça.»

«Je vois que tu bouges, est-ce que ça t’aide à te calmer ?»

«Tu ne comprends pas ?»

«Je vais te le montrer autrement.»

«Sois plus calme.»

«On va respirer ensemble pour se détendre.»

«Il faut t’adapter.»

«On va adapter l’environnement pour toi.»

«Accompagner une personne TSA, c’est apprendre à danser au rythme d’un autre tempo.”»

Études de cas 

Cas 1 – une approche apaisante et ajustée

Contexte : :

Noah, 9 ans, TSA, refuse d’entrer à l’école depuis plusieurs semaines. Il dit que la cloche est “trop forte” et que “les gens bougent trop vite.”

Intervention :

  • Observation sans jugement de son environnement sensoriel,

  • mise en place d’un horaire visuel avec pictogrammes,

  • accompagnement avec un casque antibruit et un “coin refuge”,

  • présence du chien Wolf lors des rencontres.

Résultats :

Noah a recommencé à venir à l’école progressivement, à raison de 2h par jour, en se sentant compris et soutenu. Il s’assoit maintenant dans son coin calme avec fierté.

Comprendre pour relier

La personne ayant le TSA ne demande pas d’être “corrigé”, mais d’être accueilli dans sa cohérence propre.


Chaque personne autiste porte une logique et une beauté intérieure qui ne demandent qu’à être reconnues.


Chez Bien+Veillance, nous croyons que l’intervention psychosociale repose sur la compréhension, la co-régulation et la créativité.Notre rôle est de créer des ponts entre deux mondes — celui du langage neurotypique et celui des perceptions autistiques.

«Le monde devient plus doux quand on choisit de comprendre avant de corriger.»


1 Comment


ac ab
ac ab
Nov 28, 2025

J'apprécie particulièrement votre insistance sur le fait que l'autisme est « une autre façon d'être au monde », un mode d'expérience sensorielle, cognitive et émotionnelle tout aussi légitime. Cette perspective est fondamentale pour dépasser les étiquettes et favoriser une compréhension authentique, loin des perceptions basées sur les "manques" ou les "symptômes". Pour les personnes qui se reconnaissent dans ces descriptions ou pour leurs proches, la première étape vers cette compréhension peut souvent être d'explorer et d'identifier ces traits uniques. À cet égard, un outil pour mieux comprendre le spectre autistique peut s'avérer une ressource précieuse pour initier cette réflexion personnelle.

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